Encore une nuit « chaude et sèche ». L’objectif du jour est le refuge de Wallon Marcadau et si j’ en ai encore de l’envie un bivouac une heure et demie plus loin au lac d’Arratille.
A part quelques ampoules un peu sensibles (surtout au talon droit) j’ai plutôt une bonne forme.
Je sens que le cardio revient, j’arrive à monter à une vitesse raisonnable sans être obligé de m’arrêter reprendre mon souffle et reposer mes muscles toutes les cinq minutes.
Du coup j’ai un meilleur rythme en ascension.
Par contre dans les descentes c’est plutôt l’inverse, j’ai les genoux et les chevilles qui sans être douloureux commencent à accuser la fatigue accumulée.
Du coup je fais plus attention pour ne pas me blesser et mon rythme en descente s’en ressent.
Il va être temps que je me pose une journée à Gavarnie.
Arrivée au refuge les nuages commencent à être menaçant mais j’ai encore de l’énergie pour monter au lac d’Arratille où il paraît que le bivouac est magnifique.
Dilemme j’en ai marre des ramens au dîner : J’ai la possibilité de manger au refuge et j’y monte mon bivouac ou je monte au magnifique bivouac du lac et je mange mes ramens. J’ai une demi-heure pour me décider !
Ce matin j’essaye de partir tôt car je me prépare une grosse étape si le temps se maintient.
Le topo propose un petit étape jusqu’au refuge d’Arrémoulit puis une grosse étape jusqu’au refuge de Wallon avec entre les deux le refuge de Respomuso
Pour essayer de faire deux étapes équilibrées je vise une série de lacs, les « ibon de Ariel » où je devrai pouvoir bivouaquer. Ça rallonge l’étape du jour et réduit celle du lendemain.
J’ai une bonne surprise au matin. La nuit a été tellement chaude (14°C) avec du vent que malgré l’orage d’hier me tente est sèche et mes chaussures et chaussettes aussi ! 😃
C’est parti pour une belle journée où j’espère éviter les orages !
Je commence par une belle descente qui m’amène à la cabane où je voulais dormir hier.
Arrivée près de la cabane, au bord de la rivière je retrouve Felix et Paul à leur bivouac qui finissent leur petit déjeuner. Paul m’offre un bon café et je repart.
Je suis sûr de les recroiser dans la journée, Ils marchent bien plus vite que moi, surtout dans les montées.
Un premier col (d’Arrious) et une « courte » descente et j’arrive au refuge d’Arrémoulit qui est fermé, tant pis pour le soda. J’y fait quand même une pause.
Reste le col d’Arrémoulit à monter puis c’est la descente sur les Ibon de Arriel puis le refuge de Respomuso.
Pendant la montée au col les nuages commencent à être de plus en plus épais et menaçant.
Felix et Paul me rejoignent au col
Sur la descente éclate une averse qui dure une dizaine de minutes, mon parapluie que j’avais mis en mode ombrelle me protège suffisamment.
Arrivée au premier Ibon de Arriel la pluie a cessé, il y a bien du tonnerre mais il semblerait que ce ne soit pas pour nous ce soir.
Je décide de les suivre jusqu’au refuge de Respomuso mais arrivé au dernier lac un superbe coin de bivouac allié à la fatigue du jour m’invite à m’arrêter pendant que mes camarades poursuivent leur route.
Vous amis lecteurs régulier ou de passage n’hésitez pas à laisser des commentaires sur ce soit des questions auxquelles j’essaye de répondre dès que possible, des commentaires, des encouragements ou des traits d’humour (😉 Renaud).
Cela m’aide à maintenir ma motivation quand celle-ci vacille.
Comme je m’en souvenais le petit déjeuner est pantagruélique !
Une fois repu et même un peu plus il est temps d’attraper le bus pour la station de ski d’Astún ce qui m’évite quelques kilomètres de bitume.
Avec ce petit déjeuner copieux et tardif je démarre bien tard.
L’objectif du jour est au minimum le refuge de Pombie et j’espère la cabane du caillou soque.
Il fait vite chaud, dès 14h00 des nuages se forme, certain prenant du volume en altitude. Ça ne présage rien de bon.
la montée au col de Peyreget est longue, elle finit par un pierrier.
Sur le chemin je rencontre deux jeunes un peu perdus et pas très bien équipé, Hajar avec son ami Med.
Med semble à l’agonie, c’est de première randonnée en montagne.
J’espère arriver au refuge avant qu’un orage n’éclate.
Le ciel est menaçant quand j’arrive au col, cinq minutes de pause et l’orage éclate.
Déjà trempé par la sueur j’enfile ma panoplie de pluie.
La descente du col vers le refuge est raide et caillouteuse, avec l’orge elle devient en plus glissante.
Malgré tout j’arrive au refuge trempé mais sans chute.
Entre deux averses j’installe mon bivouac puis je me réfugie dans la salle hors-sac où j’ai le plaisir de retrouver Hajar et Med, trempé mais vivant.
Avec le monde la pièce devient vite chaude et mes habits passent de trempé à humide.
Je passe un agréable moment à discuter avec mes deux jeunes compagnons d’infortune qui bivouac aussi avec une tente louée au refuge, la leur étant cassée.
Réveil tardif car j’ai commandé le petit déjeuner (recommandé par mes compagnons de cabane d’hier) au refuge qui ne le sert qu’à partir de 07h00.
C’est un bon plan, il font leur pain au levain eux même. Il est frais un régal, ça change des biscuit sec.
L’objectif du jour, le col du Somport. C’est une petite journée.
Ça tombe bien par ce que mes ampoules d’hier me font carrément mal !
Heureusement qu’au bout d’un moment s’atténue pour devenir tolérable.
Le problème c’est qu’à chaque pause on recommence le cycle.
Sinon rien de bien particulier.
L’arrivée au Somport se fait sur du bitume surchauffé qui fond par endroit.
Je fais donc un peu de stop pour m’épargner ces désagréments. Ça marche bien.
Arrivée au col il me reste un petit kilomètre pour me rendre à l’hôtel que j’ai réservé ce matin en ligne.
Il faut aussi que je fasse mon ravitaillement.
En devenant la rue du village je me rends compte que je le connais déjà. L’épicerie et même l’hôtel j’y suis passé il y a deux ans quand j’ai fait le GR11 mais au lieu de descendre du col j’y suis arrivé par la vallée.
J’ai pris la pension complète, ce soir c’est
resto et demain matin méga p’tit dej.
A peine installé dans ma chambre je me rends compte qu’il n’y a pas d’électricité. J’appelle le chargé de l’accueil qui me dit qu’il vient dans quelques minutes.
Je me rhabille vite fait, je m’apprêtais à prendre une douche.
Quand il arrive il me demande ma carte magnétique qui me sert de clé et la met dans le boîtier a côté de la porte et hop c’est réparé !
Il a dû me prendre pour un neuneu !
Des fois je me donne l’impression d’être jamais sortie de mon salon !
Après le douche c’est l’heure du bain bien chaud. Quel délice !
A peine sortie du bain où je suis resté longtemps, très longtemps, je file au restaurant où je me régale.
Comme toutes les nuits il est temps vers deux/trois heures de faire ma petite miction nocturne, a peine sortie (nu comme un ver) de la cabane un Patou me fonce dessus aboyant et grognant.
Je ne bouge plus et lui parle doucement pendant que lui me renifle les parties et l’arrière-train. Je n’en emmenais pas large !
Sinon que dire sur cette journée…
Réveil à cinq heures avec les HRPistes.
Objectif du jour, le refuge d’Arlet.
Il y a quelques jours j’ai perdu mon thermomètre de rando, un petit gadget que j’aime bien mais dont je peux me passer. Donc pas de mesures de températures.
Du beau temps chaud avec souvent un ciel voilé qui atténue la chaleur la rendant très supportable,
un beau chemin pas technique et bien tracé,
une étape pas trop longue.
Je prends donc mon temps d’autant plus que je n’ai pas encore récupéré un bon cardio, j’ai toujours du mal en montée.
Première pause, gros coup de pompe, je fais une petite sieste dès avant dix heures !
Deuxième pause, même résultat ! J’ai pourtant l’impression d’avoir bien dormi.
Arrivée au col de Pau une surprise m’attend.
Je croise deux autrichien (et non pas australiens) qui font la HRP dans le même sens, je discute un peu avec eux quand j’aperçois accroché au sac de l’un d’eux le même thermomètre.
Je leur dit que j’avais le même que j’ai perdu sur le chemin, et eux l’on trouvé sur le chemin.
En regardant de près c’est bien le mien qu’ils ont trouvé !
Pour les remercier ce sera une bière chacun au refuge.
Je me suis fait je ne sais trop comment une petite blessure (que je sens à peine) à un orteil.
Résultat j’ai du inconsciemment changer mes appuis et me voilà avec des ampoules aux deux pieds.
J’étais assez fier de moi de n’en avoir eu aucune sérieuse, juste deux petits échauffements au début que j’ai vite protégé. Crotte !
Addendum : Hier soir j’ai fait la rencontre d’un garde du parc monté au refuge pour faire une présentation et discuter avec les randonneurs. Nous avons passé un long et agréable moment à discuter, discussion à laquelle se sont joints deux jeunes chercheurs.
Les photos du jour
A gauche Paul et à droite Felix venu d’Australie pour trouver mon thermomètre.
Après une après-midi farniente et une bonne nuit de sommeil voilà prêt à attaquer une étape très rocheuse jusqu’à la cabane d’Ansabère et peut-être plus.
Le chemin est marqué par des cairns, le problème c’est qu’il y a beaucoup de chemins qui parte dans toute les sens.
Il faut donc que je regarde la carte très régulièrement et malgré ça j’arrive a prendre une mauvaise route mais je m’en rend compte rapidement.
Je commence l’ascension par des gros blocs souvent très incltiné mais heureusement avec une texture granuleuse très adhérente.
La suite, toujours en montée, ce sont des lapiaz par moment avec des gouffres impressionnant à enjamber (ou à sauter). C’est un vrai labyrinthe, je dois souvent rebrousser chemin pour trouver une voie plus sûre.
La fin de la montée au col est raide mais plus classique ainsi que le chemin jusqu’au deuxième col.
Là il faut que je descende par un chemin très raide composé de rocher et de pierrier instable, d’ailleurs je vais chuter heureusement sans me blesser.
Avec tous ça j’arrive en bas rincé. C’est l’heure de faire une petite pause.
Une barre de céréales, quelques fruits sec et j’ai envie de dormir.
Une petite sieste de vingt minutes me fera du bien.
Le soleil cogne fort, je m’installe à l’ombre d’un bosquet…
Et je me réveille une heure et demie plus tard car le soleil chauffe trop !
Du coup quand j’arrive à la cabane il est déjà tard, je pourrai pousser jusqu’au lac pour bivouaquer mais une place dans la cabane m’appelle…
D’autant plus que j’y suis en bonne compagnie, deux jeunes qui font le HRP dans l’autre sens et un moins jeune qui finit l’ Hexatrek.
J’ai fait un bien mauvais choix hier en décidant de dormir au refuge, j’aurai de souvenir de pourquoi je n’y vais jamais.
Dans ma chambrée un énorme ronfleur et une frileuse avec juste un drap qui ferme le fenêtre entrouverte même si le pièce devient vite surchauffée.
Pour lutter contre le ronflement je mets bien en place mes nouveaux BAB (bouchons antibruit) dit disant très efficaces et confortables.
Le gars ronfle tellement fort que même avec les BAB il m’empêche de m’endormir rapidement.
La fatigue étant la plus forte je fini quand même par m’endormir.
Vers une heure du matin je me réveille mon oreille gauche un peu douloureuse.
Je veux repositionner le BAB, impossible je ne sais pas comment je me suis débrouillé mais il est trop enfoncé dans le conduit auditif, je n’arrive pas à le saisir !
Du coup même si c’est l’oreille c’est pas drôle !
Je tente avec mes ongles, puis avec la pince à épiler du couteau suisse qui est trop souple.
Je réussi juste à m’écorcher l’oreille.
Avec le stress et la gêne j’ai un mal fou à dormir. J’aurai, je pense, dormi plus ou moins quatre ou cinq heures.
La délivrance viendra le matin avec l’aide du gardien et d’une vraie pince à épiler.
Après cette nuit affreuse je m’accorde le petit dej du refuge. J’avale trois bois de café, deux verres de jus d’orange une tranche de quatre-quarts et trois gros tartines grillé beurre double fromage double jambon !
Avec ce je devrai tenir jusqu’à midi au moins.
C’est pas tout mais entre mon réveil que j’ai décalé mais qui n’a pas sonné (un geste manqué ?) et le petit dej pantagruélique il est 09h00 quand je quitte le refuge.
La première heure j’avance pas trop mal, mais je suis quand même rattrapé par les 3M bien plus rapide que moi.
Je me rends compte qu’au lieu de prendre le chemin le plus direct, avec moins de dénivelé, pour la cabane d’Ansabère j’ai pris le chemin le plus long qui passe par plusieurs sommets.
En plus de ça passé la première heure j’ai une grosse baisse de régime. Je n’arrive plus à avancer à vitesse normale, je fais des courtes pauses toute les demi-heures.
Résultat quand j’arrive aux sources de Marmitou il est déjà 15h00 et il me reste je pense si j’avance normalement au moins cinq heures pour la cabane d’Ansabère.
Malgré tout le chemin est magnifique. Après un passage en forêt il débouche sur un canione de lapiaz avec des fleurs (enfin !) à foison et plein de lézards qui courent partout.
Pas la forme, assez de nourriture pour une étape supplémentaire, de l’eau et un terrain plat c’est décidé je m’arrête.
Au programme lecture et repos.
Les photos du jour
Les 3M en partant de la gauche, Mathias, Martin et Manuel
Après une bonne nuit reposante il est temps d’attaquer à cette grosse journée de 09h30 heure topo vu que physiquement ça va sauf le cardio que je peine à récupérer je risque de mettre bien plus longtemps.
Au menu l’ascension du pic d’Orhy à 2017m, des passages techniques et une longue distance principalement sur des crêtes avant le refuge de Belagua.
Comme je m’y attendais un vent à décorner les bœufs souffle sur les crêtes de la France vers l’Espagne amenant les nuages qui se dissipent une fois la frontière passée.
Le chemin est raide, parfois vertigineux et/ou difficile sur l’ascension et le descente du pic d’Orhy.
Nous sommes dimanche, le pic d’Orhy facilement accessible par la route est envahi de touristes qui font leur pause ou discutent au milieu du chemin et me regardent avec incompréhension quand je leur arrive dessus avec que je leur dit de laisser le passage. Vivement lundi !
Après le sentier qui suit une crête (sans touriste) est surtout long et venteux.
Dès 14h00 le brouillard s’installe de nouveau, les nuages se dissipent plus difficilement, mais avec toutefois la chaleur du soleil.
Pendant l’ascension du pic d’Orhy je me fait croiser et je recroise quand ils font une pause un sympathique trio de belge flamand, les 3M, Mathias, Martin et Manuel.
Comme attendu j’arrive tard au refuge de Belagua, vers 19h00.
Je souhaitais bivouaquer mais c’est impossible car il est situé dans une réserve naturelle.
On me propose de dormir sous la terrasse mais ce sont des petits graviers qui risquent, même s’il sont arrondis et qu’il est faible, de percer mon matelas.
Du coup je suis face à deux risques. Abîmer mon matelas même si je peux le réparer (déjà fait deux fois) ou risquer de mal dormir au refuge.
Finalement j’ai décidé de prendre un lit au refuge (même si c’est possible de réparer un matelas c’est galère a faire), avec un peu de chance ça ira.
Le temps de prendre une bonne bière puis de manger, de prendre une douche, de faire mes soins quotidiens et il est déjà 22h00 extinction des feux, c’est tard !
Aujourd’hui je vais aux chalets d’Iraty, une journée de huit heures. Je devrais arriver assez tôt pour m’y ravitailler à l’épicerie.
La journée commence bien dans un brouillard épais.
Le sentier passe à travers les pâturages et ne forme pas une piste. Il est marqué par des poteaux de vingt centimètres régulièrement placés, on va de poteau en poteau.
Je perds assez vite le chemin dans ce brouillard, pas grave celui-ci longe une route.
J’oublie juste de reprendre le sentier au premier virage et me voilà parti une heure pour rien sur du goudron.
Le temps de revenir à mon point de départ pour reprendre le sentier le brouillard est moins épais et j’arrive progresse sans trop m’égarer.
J’avance bien moins vite que prévu car le chemin est soit très boueux, je glisse et j’avance avec précaution soit il se perd dans les pâturages et je doit alors chercher les petits poteaux qui souvent sont masqués par des hautes herbes.
Résultat des courses pour faire mes courses je risque d’arriver trop tard.
L’épicerie ferme à 19h00 et à 16h50 il me reste encore deux heures de montée (si on est frais et pas trop chargé).
J’ai un petit bout de chemin sur la route avant de reprendre le sentier je décide de tenter de shunter cette dernière partie en faisant du stop tout en marchant, on ne sait jamais…
Pas de succès.
J’attaque le montée en essayant d’être le plus rapide possible quand je croise un randonneur qui visiblement redescend au parking.
Je lui expose mon problème et lui demande si par hasard il ne passerait pas par les chalets d’Iraty ?
Il peut, j’ai le temps de faire mon ravitaillement. Je n’aurai pas eu le temps de le faire car je devrai partir très tôt pour une grosse journée.