Aujourd’hui c’est une petite journée, je traîne au village.
Après un gros petit déjeuner il est temps de faire mon « resupply » au magasin.
Monopole oblige les prix y sont très élevés mais je trouve ce qu’il me faut pour les cinq prochains jours.
Après avoir bien traîné il est temps de partir car même si je n’ai que douze miles à faire jusqu’à mon bivouac ils ne vont pas se faire tout seul.
Entre le stop un peu long et le trainage au village (*je sais ce n’est pas français) j’attaque le sentier à treize heures.
C’est une journée sans problème excepté mon tibia douloureux.
Heureusement massage et étirement me soulagent pas mal même si ce ne dure pas.
Je pense que c’est juste une contracture du muscle tibial antérieur, j’avais peur d’avoir une périostite qui m’aurait obligé à m’arrêter un long moment, à suivre.
Encore une journée « sans » dénivelé. L’objectif du jour c’est Grant Village où je dit faire du ravitaillement pour cinq jours.
C’est une journée de vingt miles, avec le peu de dénivelé je devrais être au village pas trop tard.
C’est sans compter avec la zone d’activité volcanique où je reste un moment et la traversée d’un marécage qui m’évoque quelques souvenirs de Laponie sauf qu’il ne pleut pas.
Par contre les moustiques ça ne manque pas !
A un moment il y en avait trois sur mon épaule droite et quatre sur mon avant-bras gauche !
Du coup je sort le matos anti moustique, c’est le premier jour où je mets du répulsif et même avec ça ils arrivent à trouver des endroits où piquer.
Il y en a un qui m’a piqué sur la lèvre, ça fait une drôle de sensation d’avoir la lèvre gonflé par une piqûre de moustique.
Tout ça m’a bien ralentie, je risque d’arriver un peu tard au village.
Le temps se maintient au beau, il y a bien quelques coups de tonnerre mais ça semble lointain.
Le chemin quitte la rive du Shoshone Lake quand soudain le ciel devient noir, en vent a décorner les bisons se lève et fait sinistrement grincer les pins de la forêt.
Je m’équipe vite en tenue de tempête, quelques gouttes de pluie tombent puis plus rien, le soleil revient.
Arrivée à la route pour Grant Village je fais du stop dix minutes, un jeune homme dans un énorme pick-up me dépose au magasin.
Trop tard, la cafétéria vient de fermer.
Je m’achète mon dîner au magasin et je file au campgroung situé à un mile.
A peine parti du magasin qu’il pleut plutôt fort.
Après une longue queue pour m’enregistrer au campgroung je vais toujours sous la pluie vers l’emplacement des Hikers.
Comme je n’ai pas envie de planter ma tente sous l’averse je me réfugie au bloc sanitaire pour dîner et attendre la fin de la pluie.
La pluie cesse, il est temps d’installer mon campement et de dormir.
Aujourd’hui « petite journée de quatorze miles en passant par le village de Old Faithful où il y a le fameux geiser si même nom.
Il a la particularité d’être puissant et régulier. Les hydrogéologues du parc prévois sont éruption à dix minutes près avec un taux de réussite de quatre-vingt dix pour cent.
Je pensais que le temps serait au mieux maussade ce matin mais il fait beau.
Yellowstone est relativement plat du coup ça repose mes genoux.
Par contre comme j’ai toujours un truc qui ne va pas j’ai maintenant une douleur parfois intense le long du tibia gauche.
A priori c’est plutôt au niveau du muscle, je vais voir comment ça évolue.
En tout cas malgré ce nouveau problème j’avance bien, je suis quasiment à Old Faithful vers onze heures.
Je fais une pause pour sécher toutes mes affaires avant de me rendre au Old Faithful Inn pour y déjeuner.
Le bâtiment est classé, il est magnifique les photos ne lui rendent pas justice.
Mais avant il paraît qu’on peut y prendre une douche.
Je demande à l’accueil, un couple de français veule le même chose.
C’est cinq dollars, serviettes fournies.
Je tends un billet de vingt, l’hôtesse le prend et revient avec les serviettes et un savon.
Elle me rend mon billet, c’est gratuit pour les Hikers mais ils restent discrets là dessus.
Une bonne surprise m’attend !
Ce n’est pas une douche mais une baignoire où je vais rester à mariner pendant une heure ! 😁
Au restaurant j’y retrouve un groupe de Hikers que j’ai souvent croisé qui ont tous choisi la formule « buffet all you can eat », ce sera la même chose pour moi.
Avant d’aller voir le geiser je vais lever mon sun-hoodie, j’ai réussi à me mettre plein de tâche de chili.
Il ne me reste plus qu’à attendre, humide, le prochaine éruption du Old Faithful.
Une demi-heure avant, un gros orage éclate avec grêle puis déluge.
Je suis bien au chaud à l’intérieur à sécher, mais si je veux voir le geiser il va falloir sortir.
Une fois les photos de l’éruption prises et une fois séché, je m’équipe pour affronter la pluie qui est déjà moins forte.
Il me reste un peu plus de quatre miles pour me rendre à mon bivouac.
La pluie cesse au bout d’une demi-heure.
J’ai tellement mangé au buffet que ce soir je mange à peine avant de me mettre au lit.
Aujourd’hui je vais entrer dans le parc de Yellowstone et le Wyoming.
J’ai emplacement de bivouac réservé, aujourd’hui c’est Summit Lake à quinze miles avec tes peu de dénivelé.
Au réveil ma tente mais aussi le dessus de mon sac de couchage sont trempés. Il n’y a pas eu de vent cette nuit et l’air est très humide.
La météo du jour n’est pas bonne, pluie et orage même si le ciel est bien dégagé au réveil.
Malgré tout j’attaque la matinée avec énergie pour profiter du beau temps qui durera une heure et demie.
Ensuite les premières gouttes, puis le grondement de tonnerre au loin et enfin la grosse pluie.
A treize heures trente le pour cesse, j’en profite pour me préparer une popote de ramen pour mon déjeuner.
Un repas chaud quand il fait froid et humide c’est un vrai bonheur.
J’arrive au bivouac vers seize heures, j’ai juste le temps de m’installer qu’une grosse averse avec beaucoup de vent le tombe dessus.
Bien au chaud suis ma couette je me laisse aller à une petite sieste.
Ce soir le ciel semble calme mais je crains que ce ne soit que de courte durée, les prévisions météo pour demain sont semblables à celles d’aujourd’hui.
Un premier arrêt cent mètres plus loin pour manger un corn-dog puis c’est parti pour un peu moins de deux miles le long de la « medal of honor hightway ».
Une bonne surprise, je pensais marcher sur la bande d’arrêt d’urgence, ce qui est dangereux, mais il y a une piste carrossable qui longe la route.
Arrivée à la deuxième partie de la ville une autre surprise m’attend.
Il y a une très bonne « cantina » qui sur FarOut est indiqué fermé le lundi, et bien non.
Du coup après trois-quart d’heures de marche je fais déjà une pause pour un deuxième déjeuner, un ceviche de crevettes.
Résultat je ne suis pas très avancée pour ma journée même si c’est une petite étape.
En marchant bien je devrais arriver vers dix-neuf heures trente ce qui est encore raisonnable.
En plus ce n’est que de la piste carrossable sauf sur le dernier mile, dès qu’une voiture passe je lèverai le pouce.
Dix-huit heures trente le premier véhicule arrive, c’est une Razer deux places. Je ne prends même pas la peine de faire du stop.
Le conducteur arrête son Razer pour discuter.
Il me dit qu’il m’a vu il y a quatre heures quand il est passé dans l’autre sens et me demande si je veux un »ride ».
Même s’il ne me reste qu’un peu moins de quatre miles c’est toujours bon à prendre, ça va me faire arriver plus tôt au point de bivouac.
Arrivée à la bifurcation, quand le chemin quitte la piste carrossable pour devenir sentier le conducteur et sa femme me propose une bouteille d’eau (je suis un peu limite en eau), un burrito maison dinde/fromage et une bière (c’est en fait un « hard icetea »). Ça fera mon repas du soir.
La source au point de bivouac est indiquée par les Hikers sur FarOut à sec mais qu’un « puits » de trouver pas loin, une flèche en bois sur le sentier indiquerai la direction d’un sentier qui en cinq minutes amène au puits.
J’espère que ce n’est pas un mauvais plan car demain j’ai quinze miles à faire sans point d’eau.
Les photos du jour.
Une marrante petite église.Y doit y avoir quelques prédateurs par ici !
Aujourd’hui c’est soit un Zero soit un Nero en fonction de comment j’arrive à organiser la prochaine étape de mon périple.
Je vais pénétrer dans le « Yellowstone National Park » où il faut impérativement réserver les emplacements de bivouac.
Ensuite il faut que je planifie mon ravitaillement et que je l’achète pour prendre ce qu’il faut mais pas trop pour aller jusqu’à la ville de Dubois (à prononcer à la cowboy même si c’est un nom français).
Je vais mettre la matinée et une bonne partie de l’après-midi pour ça.
Du coup c’est un Zero.
Les photos du jour
Même si c’est un Zero voici les photos d’un drôle de véhicule que je croise souvent sur les pistes forestières.
La loueuse m’a dit, que cela s’appelait un Razer.
Je ne sais pas trop si c’est la marque ou le nom du véhicule.
C’est le version deux places, il existe en quatre places et aussi a six roues avec un plateau comme les pickups.
Le plus fou c’est que j’ai vu pas mal de ces véhicules sur des remorques traqués par des pickups ou des SUV tout terrains.
C’est quoi l’intérêt d’un véhicule tout terrain si il faut en plus un Razer pour aller sur les pistes forestières ?!!!
Aujourd’hui je prends le « Mack’s Inn Cut Off Alternate » qui me permet de me rendre en ville à Island Park.
Le chemin se compose de trois parties.
Cinq miles assez facile sur la « Red Line » (chemin officiel), puis cinq miles sur la »Blue Line » (chemin alternatif officiel) plus difficile à travers un marais mais les commentaires sur FarOut disent qu’en fait c’est facile et pour finir dix miles de poste carrossable pour arriver en ville.
J’ai bien fait de partir tôt car de matin je traîne un peu, il va me faut une bonne heure pour arriver à prendre un bon rythme.
Le méteo ressemble à celle d’hier avec l’arrivée du tonnerre vers dix heures.
À la jonction Blue/Red Line j’attaque la variante assez rapidement j’arrive au niveau du mais avec une rivière peu large, mais trop pour sauter par dessus, et très profonde au niveau du chemin.
Je trouve en longeant la berge un passage moins profond.
Hop, je mets mes chaussures de « river crossing » pour garder mes chaussures et chaussettes de randonnée bien au sec.
De l’autre côté c’est un ensemble de buisson très dense qui souvent me dépasse.
Je trouve après un petit moment un espace sans buisson où je peux remettre mes chaussures de randonnée.
Après c’est la cata !
Pas moyen de retrouver le sentier.
J’ai beau utiliser FarOut et me guider avec la géolocalisation jamais je ne trouverai le chemin.
Je décide alors de sortir comme je peux, c’est-à-dire avec difficultés, de ce labyrinthe de buissons.
Je m’oriente autant que possible sur la gauche pour atteindre les hauteurs et surtout enfin sortir du marais.
En fait le chemin n’est pas sur la ligne bleue de FarOut mais plus à l’écart sur les hauteurs hors du marais.
Il m’aura fallu près d’une demi-heure pour faire deux-cents mètres !
Une fois sortie de cette galère le chemin est facile à suivre jusqu’à près du col où il disparaît.
Je me dirige à peu près dans la bonne direction.
Évidemment je m’écarte du chemin que j’ai de nouveau du mal à retrouver, le terrain étant très accidenté, et en plus il commence à pleuvoir.
Une fois le chemin retrouvé, encore une fois, c’est facilement que je rejoins la piste carrossable.
J’ai décidé pour ne pas arriver trop tard (et en plus ce n’est pas super agréable) de faire du stop si une voiture passe.
A peine arrivé sur la piste sur deux voitures garées là lancent leurs moteurs, je tends le pouce et c’est mon stop le plus rapide jamais fait.
Je passerai bien une nuit dans un bon lit mais à Mack’s Inn c’est bien trop cher.
Mon chauffeur me propose de m’emmener jusqu’à West Yellowstone où il y a pas mal de motel qui d’après lui sont abordables.
En fait le monde cher est à 120$ la nuit, à partager avec d’autres Hiker ça irai mais voilà je suis seul.
Du coup c’est retour en stop à Mack’s Inn où je pourrais camper pour 35$ la nuit.
J’ai encore de la chance avec le stop, il me faut moins de dix minutes pour être pris.
Cette nuit s’est mieux passée que la précédente et comme j’étais fatiguée je me suis autorisé une heure de sommeil supplémentaire.
Réveil à cinq heures.
Encore une journée « facile », j’ai l’impression que les gros dénivelés sont derrière moi.
Enfin reste à voir comment sont les crêtes du Colorado.
La matinée commence par un franc soleil.
Rapidement quelques nuages élevés voilent le soleil.
Puis des nuages plus bas et plus épais cachent le soleil.
Ces nuages laissent le soleil apparaître de nouveau puis ils se reforment (ou bien c’en est d’autres).
Il fait alors à peine dix-sept degré celsius.
Je vois sous ces nuages à divers endroits des rideaux de pluie.
Vers seize heures, grondement de tonnerre.
L’orage semble être dans la vallée de l’autre côté de la crête.
Je ne suis quand même pas rassurée d’autant qu’une partie du chemin est sur les crêtes.
Il va tonner pendant une heure et puis plus rien.
Finalement je n’aurai eu que quelques petites gouttes de pluie sur toute la journée. 🤞
Dix-huit heures trente j’arrive en bas de la dernière descente, il me reste une dernière montée pour atteindre le point d’eau et encore trois dixième de miles pour le bivouac.
Le replat avant le montée est une piste carrossable, une voiture aménagée y est garée.
On est vendredi, un Trail Magic ?
Non c’est juste un chasseur qui s’installe ce weekend pour faire du repérage avant la saison de la chasse.
Le coin est splendide et comme il me propose les deux litres d’eau dont j’ai besoin pour le bivouac je décide de rester sur place.
Pour une fois que j’installe mon bivouac de bonne heure ! 😁
Sachant que je suis français il m’offre le fond de sa bouteille de vin, il y reste un verre.
Ça tombe bien, pour une fois j’ai trouvé du cheddar vieux (24 mois) qui a vraiment du goût !
Du vin que j’ai trouvé vraiment bon, un bon morceau de fromage et un magnifique coucher de soleil !
Ce matin je retourne sur le sentier, j’embarque dans la voiture d’une Trail Angel qui quatre fois par jour pendant la saison du CDT fait la navette de Lima au croisement autoroute-CDT.
Il est un peu moins de dix heures quand je commence à marcher, plutôt à boitiller.
J’avale de l’ibuprofène pour calmer la douleur et l’inflammation.
Une demi-heure plus tard, j’ai déjà beaucoup moins mal et je commence à avoir un bon rythme.
Ils faut dire que le chemin est plutôt facile, il monte lentement par une « gravel road » puis par un bon sentier.
Par contre il n’y a pas d’ombre et quasiment pas de vent, heureusement que j’ai mon parapluie/ombrelle
Pour le fin de journée, c’est un peu plus difficile car je termine par une descente bien raide qui bien heureusement n’est pas trop longue.
C’est un beau bivouac mais avec de l’eau pas facile à aller chercher, il faut aller loin le long de la « creek »pour trouver assez d’eau.
A la nuit tombante mon bivouac est envahi de vache à moitié sauvage.