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Author: Fred

ThWaFd2018!#[54As ThWaFd2022!
Repos forcé 4

Repos forcé 4

J9 mercredi 26 juin

C’est une belle journée pour marcher, mais pas pour moi.

J’ai moins mal mais c’est mon d’être guéri. Un

Je vais avoir besoin de plus de repos pour pouvoir reprendre le chemin.

Je vais faire un saut jusqu’au village d’East Glacier pour me poser quelques jours au Looking Glass, un lieu d’accueil réputé chez les CDT hikers. On peut y camper ou dormir à même le sol dans l’immense salon, douche chaude et cuisine à disposition pour 15$.

Je ne pense pas reprendre les deux étapes sautées, je repartirai dès que ma plaie ira mieux directement d’East Glacier.

La prochaine étape ce sera 133 miles sans ravitaillement, soit six à huit jours selon mon état.

Décidément j’ai de la chance avec le stop. Il me faut, membres le peu de circulation, à peine un quart d’heure pour être pris et déposé devant Looking Glass.

Les photos du jour.

Un aperçu de Looking Glass, à cette heure une bonne partie des hikers sont déjà en route pour la journée.

Repos forcé 3

Repos forcé 3

J8 mardi 25 juin

J’ai très peu dormi cette nuit.

Ma #€!(*&! d’ampoule était suffisamment douloureuse pour m’empêcher de m’endormir.

J’ai dû prendre un Tramadol 50 pour réussir à sombrer dans un sommeil entrecoupé dès que quelque chose entrait en contact avec l’ampoule.

Inspection du pied: c’est pas glorieux j’ai une belle ampoule infectée (dont je vous passerai la photo) !

Du coup ce matin j’ai accepté la proposition de mes voisins, je vais sauter l’étape et me rendre directement, en stop, au campgroung de Two Medicine où j’y ai une réservation.

J’y arrive en stop dans difficulté.

Au programme, rien. Juste du repos, j’aurai aimé prendre une douche mais il n’y en a pas.

On verra demain si je suis en état de faire par le sentier le trajet jusqu’au village d’East Glacier.

Les photos du jour

I n’y en a pas beaucoup, une ampoule (dont je vous ferai grâce) et quelques une du campgroung.

Début laborieux

Début laborieux

J7 lundi 24 juin

Encore une belle journée, venteuse mais pas trop et ensoleillée.

Le campgroung de ce soir est au bout d’une piste carrossable,  je n’ai pas pu en obtenir un sur le sentier je devrai donc faire quatre milles hors sentier.

Aujourd’hui est un tronçon un peu spécial, je vais passer le Triple Divide Pass au pied du Triple Divide Peak qui comme son nom l’indique est à la jonction de trois ligne de partage des eaux qui irrigue les bassins Pacifique, Atlantique et l’Hudson bay (qui est, si je ne me trompe pas, rattaché à l’Arctique).

L’ascension du Triple Divide Pass n’est pas trop enneigé.

Ne serait-ce mes ampoules qui me font un peu mal ce serait un chemin facile.

Arrivée au col à 12h30, c’est pas mal. Il ne me reste plus qu’à descendre et sortir du CDT pour rejoindre le Cut Bank Campgroung.

Ce côté du sentier est bien plus pentu mais avec tes peu de névé.

J’ai quand même trouvé le moyen de glisser sur un bébé (névé pour ceux qui ne connaissent pas la « private joke »), plus de peur que de mal.

Trois heures plus tard j’arrive à la jonction entre le CDT et le chemin menant à mon campgroung.

Je me serais bien arrêté au campgroung juste à côté car je commence à avoir sacrément mal à une ampoule, mais pas de place.

Il me reste quatre milles, sur un chemin à priori facile, que j’espère faire en deux heures.

Au bout d’une heure j’ai vraiment très mal à cette foutue ampoule ! Je crains qu’elle ne se soit infectée. 😱

J’arrive au campgroung en serrant les dents.

En installant mon camp mes voisins, un couple de canadien me voyant boiter me propose de me conduire demain matin à la jonction avec la route, je refuse. Je souhaite faire les 18 milles jusqu’à Two Medicine par le sentier.

Inspection des pieds, j’ai un nombre certain d’ampoules « normales » mais au niveau de la voûte plantaire gauche elle est vilaine.

On verra demain le résultat mais j’ai bien peur que celle ne soit pas bon.

Les photos du jour

A short sunny windy day !

A short sunny windy day !

J6 dimanche 23 juin

Tout est dans le titre !

Comme c’est une courte étape d’environ neuf miles je traîne au motel.

Ce matin, contrairement à hier, au sur du lit je n’ai plus mal à la cheville. Il faudra voir ce que celle dont sur le terrain avec le sac sur le dos. 🤞

Dès le début du chemin je rencontre AutograH* avec qui je vais marcher toute la journée, nous nous quitterons qu’arrive au Red Eagle Lake. Il a un permis pour le campgroung au pied du lac et moi un mile plus loin à la tête du lac.

Le chemin de St Mary jusqu’au Red Eagle Lake est très facile, avec peu de dénivelé.

Et là cheville ne me fait plus mal, tout au plus je ressent une gêne dans les descentes.

Par contre le bandage que j’ai utilisé m’a provoqué une allergie cutanée avec deux grosses phlyctènes au-dessus de la cheville.

Du coup j’ai enlevé le bandage et j’ai le derme à vif.

Pour couronner le tout j’ai un certain nombre d’ampoules assez douloureuses, mais ça je sais faire avec même si je préfère sans.

*Sur les chemins longue distance au USA il est de coutume de s’appeler par le trail name que l’on a « gagné ». Il est donné par les compagnons de route, la trail family, et accepté (ou non) par le Hiker. Il fait référence à événement, un trait de caractère ou autre, en tout cas il y a toujours une histoire (courte ou longue) derrière le trail name.

Les photos du jour

Repos forcé 2

Repos forcé 2

J5 Samedi 22 juin

Deuxième jour de repos, j’ai encore mal à la cheville.

Je me rends de bonne heure chez le ranger pour obtenir mes permis de bivouac. J’ai le premier que je voulais mais pas les suivants du coup cette devoir rejoindre East Glacier en quatre jours au lieu des trois que je voulais faire.

Après réflexion ce n’est pas plus mal ça me fait des journées un peu plus courtes, c’est mieux pour ma cheville.

Il me reste a acheter mon ravitaillement pour les prochains jours et une lessive avant de buller le reste de la journée en espérant que demain je serai assez en forme pour reprendre le chemin.

Les photos du jour

Et bien il n’y en a toujours pas !

Repos forcé

Repos forcé

J4 vendredi 21 juin

Ce matin j’ai trop mal à la cheville pour reprendre le sentier.

Je décide de me reposer deux jours dans un motel pour récupérer au mieux.

Je rattraperai le temps perdu en marchant plus vite, plus longtemps, en faisant moins de Zéro, en sautant des parties inintéressantes sur route et/ou en prenant des routes alternatives.

Comme disent les Hikers locaux « Hike your own hike ! »

Hier Debbie et Ron m’ont proposé de me déposer au motel. Ils partent tôt, ça tombe bien moi aussi.

Je suis en plein rangement de mon campement quand surprise ! Debbie m’annonce que le petit déjeuner est prêt.

Je les rejoint et ils me proposent, en plus du petit déjeuner, bandages, antalgiques et anti-inflammatoires !

De vrais Trail Angel, même s’ils ne le savent pas.

Au motel j’arrive à avoir une chambre pour deux nuits, c’est cher mais bon…

Je prends contact avec Anthony mon ami kiné qui me donne quelques conseils de soins et me m’envoie un lien pour un tutoriel afin de me faire un bandage correct.

Un tour chez les rangers pour annuler mon permis et en prendre un autre (que je dois prendre que la veille du départ, donc demain), puis au magasin acheter de quoi manger et je retourne au motel pour ne plus en sortir.

Les photos du jour

Ben y en a pas !

ET MERDE !

ET MERDE !

J3 jeudi 20 juin

Aujourd’hui c’est une belle journée avec le passage de Piegan Pass qui est très enneigé, peut-être faudrait-il que j’utilise mon piolet.

Le journée commence bien !

Après une heure de marche :

Je démarre tôt, avec peu de retard sur l’heure de départ que je m’étais fixé, avant la plupart des CDT Hiker.

Un grizzli y a tué un « moose calf » (veau d’orignal) et il semblerait que ce ne soit pas une bonne idée de traverser son territoire de chasse !

Demi-tour, retour à la Ranger Station voir s’il y a à des chemins alternatifs

J’ai perdu l’avance que j’avais mais ça reste raisonnable vu le terrain à parcourir.

Bon chemin, bon rythme jusqu’à la limite de la neige (qui est assez basse)

Forcément j’avance moins vite mais ça va.

Un torrent pas très gros mais sans pont ni gué à pieds secs, j’enlève mes chaussures pendant que deux américaines traversent les pieds dans l’eau !

Allez reste l’ascension du col, toujours dans la neige.

Je n’avance pas super vite mais régulièrement à cause des glissades, effondrements et autres désagréments de la neige.

La neige qui paraissait solide s’effondre, encore une fois, sous mon poids.

ET MERDE !

C’est le cri que je pousse alors !

Je viens de violemment me « tordre »la cheville. Mon talon s’est à peine enfoncé et mes orteils (et le reste du pied bien sûr) ont fortement basculés étirant le dessus du pied.

Résultat j’ai très mal, je boîte et j’avance au ralenti.

Tant bien que mal je passe le col, de l’autre côté c’est encore plus enneigé !

En serrant les dents j’avance, je sort de la zone neigeuse. La route que je dois rejoindre pour faire du stop jusqu’à St Mary (il n’y avait plus de place au campgroung sur le CDT) et à la fois si proche et pourtant me semble si loin.

Je fini par l’atteindre bien après  19h30 et là ma chance tourne.

Même pas une minute de stop un charmant couple Debbie et Ron, m’emmènent jusqu’au campgroung de St Mary, ils y ont leur caravane.

Ma réservation n’indique pas d’emplacement, ils le font faire un tour voir si l’on voit un emplacement réservé aux Hikers comme à Many Glacier.

On ne le trouve pas ils me proposent de planter la tente sur le terrain jouxtant leur caravane. Le ranger qui passe plus tard m’indique ou est l’emplacement des Hikers mais accepte que je reste près de mes Trail Angel

J’installe mon bivouac, Debbie me propose une assiette de curry de poulet avec du riz ce que j’accepte avec gratitude. Pour accompagner le curry Ron me propose une bière.

Une deuxième assiette et bière plus tard je fini d’installer mon campement, je retourne prendre mes affaires sur la table de pique-nique et je vois deux fruits que Debbie m’a gentiment laissé. Ron me propose une troisième bière mais deux c’est déjà bien assez.

Les photos du jour

Après l’hiver c’est le printemps.

Après l’hiver c’est le printemps.

J2 mercredi 19 juin

La nuit fut fraîche avec un minima à 2°C dans la tente, dehors il a gelé. Ma polaire m’a manqué, j’étais limite confort mais malgré tout je suis bien reposé.

Je démarre tôt, les hautes herbes sont recouvertes de la neige fondue d’hier et des averses nocturnes. Au bout d’un quart d’heure j’ai les pieds trempés.

Le soleil brille avec seulement des nuages épars, c’est une belle et longue journée qui s’annonce.

Le chemin est bien tracé, bien entretenu.

L’ascension du Red Gap Pass même sous la neige est sans grandes difficultés.

Au col j’ai une sévère envie de dormir, peut-être que la froide nuit passée ne m’a pas assez reposé.

Lors de la descente dès le premier endroit adapté je me fais une petite sieste et je repars requinqué.

Il est trop près de repartir c’est une longue journée et une pizza m’attend au campgroung.

Les photos du jour

Embrace the brutality

Embrace the brutality

J1 mardi 18 juin.

Pour mon premier jour j’ai une étape assez courte de 9,6 miles. La météo a lancé une alerte de tempête hivernale avec possiblement une chute de neige de 35 cm.

En ouvrant les rideaux surprise ! Il neige !!!

Par contre je m’attendais à beaucoup de vent et il y en a à peine, par contre ça caille !

Une fois rendu la chambre du motel, j’ai déjà une heure de retard sur mon programme.

J’attaque le stop pour le point de départ/arrivée alternatif (mais néanmoins officiel) de Chief Mountain à la frontière.

J’ai de la chance, au bout d’un quart d’heure Sue et Riggie me prennent en stop et me déposent au départ de CDT.

Embrace the brutality, le slogan du CDT porte bien son nom ce matin !

Il fait 2°C, avec la neige humide j’ai rapidement les pieds mouillés et quand le chemin passe par des prairies je ramasse des paquets de neige fondante et j’ai les pieds mouillés ET glacé ! Ki

Pour couronner le tout le sentier est très boueux et glissant.

Heureusement vers midi la neige diminue puis au bout d’une demi-heure elle s’arrête.

Je fais une longue pose au campgroung que je souhaitai avoir (j’en ai un 1,6 miles plus loin) car le soleil pointe quelques rayons suffisamment chaud pour que j’en profite pour sécher (un peu) mes affaires.

Le lac est magnifique et il y a plein d’animaux. Je n’ai malheureusement pas pu prendre un oiseau qui ressemble et vole comme un martinet mais avec le dos bleu.

Le soleil se cache de nouveau derrière les nuages, il est temps de rejoindre mon campgroung sous quelques averses.

Le capitaine doit être sympas par temps sec mais la c’est dans la bouilasse sur je plante ma tente.

Globalement c’est une première journée intéressante.

Les photos du jour

Les petits points blancs ce ne sont pas des parasite à l’écran, c’est bien de la neige !

Même pas commencé et c’est déjà la galère !

Même pas commencé et c’est déjà la galère !

J0 lundi 17 juin

Je quitte le motel de bonne heure au afin d’être le temps d’arriver à St Mary et de me rendre au bureau des rangers.

Je pars sous la pluie qui va s’amenuisant.

Arrivée à la sortie de la ville je commence le stop. Une demi-heure plus tard je suis pris et dépose un petit après Stand Off.

Le conducteur m’avertit que les « first nation » n’aiment pas les blancs (vu leur histoire commune on peut le comprendre !).

Ensuite je rentre un stop après d’un bus scolaire, les jaunes qu’on vois dans les films et séries américaine. Le bus s’arrête, c’est un Black Foot qui le conduit et qui me dépose peu de temps après.

A peine dix minutes plus tard c’est un jeune Black Foot qui me prend et me dépose à l’entrée de Cardston.

Il m’explique que les Black Foot du Canada et les Black Feet des Etats Unis sont de la même nation.

En traversant la ville je me rends compte qu’on est dans une réserve. Presque tous les habitants sont des Black Foot. Beaucoup m’adressent spontanément la parole, ils ne semblent pas ne pas aimer les blancs.

De l’autre côté de la ville la partie la plus dure commence, rejoindre Carway à la frontière.

Une heure passe ainsi que beaucoup de voitures.

La température baisse, il commence à pleuvoir légèrement.

Le température chute encore pour atteindre 6°C, et la pluie devient plus intense.

J’ai froid, mon pantalon trempé, je me sens misérable et regrette de ne pas avoir mis mon sur-pantalon de pluie.

Je crois de frustration de voir tout ces véhicules qui passent à vide sans même me considérer.

Je commence à me dire que je n’y arriverai jamais quand un pick-up s’arrête bien que je ne sois pas dès plus présentable.

Mon premier ange du chemin me propose carrément de m’attendre au poste frontière (les Canadiens passent plus facilement la frontière) et de me conduire à mon motel a St Mary.

Je m’installe, récupère un de mes deux colis, celui avec ma polaire qui risque de me manquer les prochains jours est égaré.

Un saut chez les rangers pour avoir un état de l’enneigement, il semblerait que j’ai bien fait de prendre piolet et crampons, et obtenir les permis pour bivouaquer.

J’ai presque tout les emplacements que je voulais, avec quelques ajustements minutes.

Vient le temps du rangement du sac a dos avec les nouvelles affaires, de l’entraînement à l’usage de la bombe anti-ours et il ne me reste plus qu’à déjeuner dans un restaurant de cuisine familiale cowboy étonnement bon.

Les photos du jour